Traductologie

1. LA PHILOLOGIE DANS L'INVENTION DES NOUVEAUX MOTS

La néologie est la discipline qui fonde philologiquement la création de nouveaux mots.
L'évolution perpétuelle des langues relève principalement de l'adoption de nouveaux termes dérivés des précédents ou conçus complètement ex-novo (il pourrait également s'agir d'emprunts à des langues étrangères).
Ces nouveaux mots - les néologismes - ne peuvent être créés qu'en appliquant les règles rigoureuses de l'éternelle étymologie. On ne s'improvise pas néologue. Même - et surtout - dans le domaine de la néologie industrielle !
La création de nouvelles marques ou de nouveaux termes techniques exige la validation néologique d'experts linguistiques ne travaillant que dans leur langue maternelle.
Les sièges du Groupe Eurologos se sont spécialisés, au fil des années, dans cet exercice à la fois terminologique, étymologique et marketing.

2. VALIDATION DE DÉNOMINATIONS DE MARQUES

La propriété industrielle des mots

La définition des dénominations des marques ne peut pas être confiée uniquement à la fantaisie des techniciens ou des marketing managers.
Leur indispensable intuition doit être validée par la pertinence philologique des linguistes qui assurent le bien-fondé orthographique et morphosyntaxique des néologismes dans chaque langue.
La défense de la propriété intellectuelle des dénominations n'en exige pas moins. D'autant plus que les investissements dans la protection des marques sur le plan international (et pays par pays) impliquent des risques économiques considérables. Le « good-will » des produits et des entreprises en dépend.
Avant d'enregistrer une marque dans un Trade Marks Registry de n'importe quel pays (voire auprès de l'OMPI-WIPO ou de l'OHMI d'Alicante) on a intérêt à consulter un siège d'Eurologos.

3.VALIDATION DE NÉOLOGISMES TECHNIQUES

La spécialisation géostylistique des mots techniques

Déjà dans le livre « Traduction, adaptation & éditing multilingue » édité en 1994 à Bruxelles par trois dirigeants d'Eurologos, nous traitions le problème de la validation de nouveaux termes techniques. À la page 41 de ce livre, on écrivait : « le problème de la traduisibilité ou de l'intelligibilité univoque se pose même pour un syntagme ou un seul mot ».
En prenant comme exemple le néologisme créé pour le nouveau fromage commercialisé sous le nom de « cambozola » - télescopage entre la dénomination du fromage français « camembert » et celle de l'italien « gorgonzola » - on mettait en évidence deux possibilités linguistiques vouées à l'échec : « gorgombert » et « camenzola ». Et de terminer : « il ne suffit ni de mélanger du camembert avec du gorgonzola, ni de mixer leurs deux dénominations »…
Plusieurs agences Eurologos conseillent leurs clients sur la néologie de termes techniques depuis les années 80.Traductologie et Néologie

LE TECHNOLECTE DE L'ENTREPRISE TRADUIT DANS CHAQUE LANGUE

La traduction technique comme partie intégrante des produits et de leur compétitivité

La communication imprimée est de plus en plus spécialisée et multilingue. La conquête de nouveaux marchés internationaux relève tout d'abord de la traduction de la totalité de ce que l'on appelle le technolecte d'entreprise vers les langues de ces mêmes marchés ciblés. Tout le patrimoine technique, tout le savoir-faire commercial, toute la connaissance marketing et publicitaire, bref tout le knowledge management de chaque entreprise doit être minutieusement traduit et validé afin d'assurer la compétitivité et l'attractivité des produits/services proposés.

À l'ère de la mondialisation, voilà la condition préalable pour bien exporter. Il faut ainsi multiplier la terminologie et les phraséologies spécifiques à l'entreprise - généralement cumulées et affinées pendant des années - par le nombre de langues (et leurs géostyles) correspondant à celles des marchés visés.

La tâche n'est pas simple : tout amateurisme ou approximation amène à des échecs cuisants et surtout très coûteux.

En effet, les traductions font partie intégrante des produits et des services et en constituent souvent un facteur primordial de compétitivité. Leur qualité, d'ailleurs, relève essentiellement du bien-fondé des glossaires terminologiques et phraséologiques validés à l'avance.

LE PARTENARIAT TERMINOLOGIQUE TRIPOLAIRE

La précision terminologique comme élément principal de la qualité linguistique

Le partenariat tripolaire et « glocal » « Client-Eurologos-Technicien / distributeur » : le double contrôle terminologique et géostylistique.

Le double contrôle contre le monopole linguistique des techniciens « indigènes »

Un des problèmes cruciaux des multinationales est celui de parvenir à maîtriser le contrôle linguistique de ses propres filiales ou de ses distributeurs dans les divers pays, souvent éloignés culturellement et géographiquement. Il n'est pas rare, en effet, que les techniciens « indigènes » des succursales ou des distributeurs soient tentés de profiter - consciemment ou non - de leur « exclusivité linguistique » pour affirmer une sorte de monopole sur la communication de la maison-mère dans « leur » marché. Cette appropriation - très souvent non demandée et non légitime - pourrait se produire au détriment de l'homogénéité de la communication marketing de l'entreprise et du positionnement de ses produits.

Elle est, de toute manière, contraire au processus de centralisation, d'accumulation et de contrôle d'une des richesses les plus importantes des entreprises - et institutions - de notre époque globalisée et multilingue.

Le partenariat restitue au Client la maîtrise effective du processus de son édition

La solution au problème désormais classique du monopole linguistique, local et centrifuge, consiste à bâtir rapidement un partenariat triangulaire et « glocal » entre :

a. le département éditing de l'Entreprise-Cliente ;
b. les centres de terminologie du Groupe Eurologos ;
c. les techniciens de chaque filiale du Client ou de ses distributeurs locaux.

Le Client redevient ainsi le maître effectif de son édition et de son publishing pouvant compter sur les apports (critiques et non monopolistiques) de ses deux principales sources de connaissances linguistiques : les traducteurs-terminologues des sièges Eurologos et les techniciens-correcteurs de ses filiales/distributeurs.

QU’EST-CE QU’UNE TRADUCTION EXCELLENTE ?

La traduction « fidèle et belle » et non « belle et fidèle »

La première caractéristique d’une excellente traduction est, naturellement, sa fidélité.
Aussi bien sur le plan sémantique que terminologique et morphologique, la transposition d’un texte vers toute autre langue doit assurer la parfaite fidélité de l’original à traduire.
La deuxième caractéristique est, il va de soi, la même justesse sur le plan de la restitution de la pertinence et de la beauté stylistique.
D’abord donc la fidélité et bien sûr, ensuite, la beauté.
L’idée généralisée est, par contre, que la beauté constitue la première valeur en hypothéquant, très souvent et même chronologiquement, la nature finalistique elle-même de la traduction.
Cette erreur vient de la longue tradition des « belles infidèles », les traductions réalisées par d’excellents écrivains qui ne connaissaient pas suffisamment les langues étrangères à partir desquelles ils travaillaient.

La beauté constitue une valeur absolue et incontournable à condition d’être fidèle

Eurologos n’a aucune intention de dévaloriser la beauté stylistique : nous soignons même le géostyle avec nos agences glocalisées ! Cependant, si une traduction n’est pas fidèle, comment le client peut-il l’accepter ?
En effet, toute la difficulté de la traduction excellente consiste en sa perfection stylistique ayant d’abord restitué ses connotations factuelles dans la pertinence du géomarketing de la langue d’arrivée.

L’humilité belle et non modeste de la traduction fidèle

POURQUOI SEULES LES TRADUCTIONS GLOCALES SONT VALIDÉES ?

Eurologos a créé dès 1996 des agences glocalisées sur quatre continents

Pourquoi Eurologos n’arrête pas de créer de nouvelles agences de communication multilingue sur tous les continents ?

Très simple et très logique : pour produire et surtout, valider les productions de copywriting, du multilinguisme et de supports médias (printing et sites web), il faut disposer d’autant d’agences opérationnelles dans les pays que de langues promises aux clients des marchés.

Les raisons de ce positionnement défini, depuis les années 90 par les marketeurs californiens, comme glocal (c’est-à-dire global et local en même temps), sont même intuitives : on ne peut pas écrire, contrôler, modifier et corriger des textes et des fournitures linguistiques sans une organisation mondiale et sous la même marque.

Par ailleurs, comment peut-on valider une conception-rédaction, une traduction, une localisation de logiciels ou de sites web, sans disposer d’agences sur place ?

Le contrôle commercial, culturel, anthropologique et aussi juridique ne peut être réalisé que d’une manière glocalisée.

La validation glocale des services multilingues est même intuitive

HOMOGÉNÉITÉ LINGUISTIQUE ET GLOSSAIRES TERMINOLOGIQUES

Réunir la compétence technique au talent rédactionnel

Tout le monde s’accorde à définir un texte technique de qualité s’il est structuré autour d’une terminologie technologique précise et pertinente.
Les brèves explications des termes difficiles ou rares (ce que les linguistes appellent les appositions nécessaires), n’ont jamais rendu un texte « imbuvable ».
L’homme moderne, fils de la technoscience, aime même activement un certain niveau de langage modérément technique dans son lexique quotidien.

Comment parvenir à garder une communication stylistiquement accessible et, en même temps, rigoureuse avec un langage factuellement efficace ?
L’industrie de la langue a créé, dans les derniers vingt-cinq ans, beaucoup de Mémoires de traduction dont les agences Eurologos, situées sur quatre continents, disposent toute leur maîtrise.

Non seulement la précision des termes, mais également les homogénéités linguistiques dans le temps sont assurées par ces programmes qui mémorisent aussi bien les glossaires que les expressions idiomatiques propres aux entreprises.
Les différents technolectes d’entreprise (ou d’institution) sont ainsi progressivement construits langue par langue.

 

Les Mémoires de traduction à la base des rédactions techniques. Même en traduction

MULTIPATERNITÉ ET CONTRÔLE LINGUISTIQUE DES TEXTES

Partenariat relecteur-Client et traducteur/terminologue-Eurologos

La traduction dite pragmatique - celle des textes commerciaux, publicitaires, techniques ou de la communication institutionnelle - prévoit souvent la multipaternité : celle du rédacteur initial, du traducteur, du réviseur, du terminographe, du software d'aide (traduction automatique à mémoire, comme par exemple Trados ou Systran), du linguiste homogénéisateur et, naturellement, du très important relecteur-Client.

On peut ainsi arriver à une demi-douzaine de pères du texte final ! Il y a donc lieu de mettre en place - dès le début - une collaboration active et… féconde, au service de la beauté et de la perfection de l'enfant à accoucher, c'est-à-dire le texte dans les géostyles demandés : une paternité consciente de partenariat intelligent.

L'impératif catégorique est d'éviter à tout prix la stérile guéguerre des linguistes. La priorité absolue, par contre, est de satisfaire l'intérêt du Client (du texte) et non de structurer une parade - par ailleurs peu intéressante - d'egos linguistiques à la virilité douteuse. Tandis que le relecteur du Client doit s'abstenir d'introduire dans le texte traduit des corrections d'auteur (modifications morphologiques et sémantiques du texte original), le traducteur doit veiller à rééquilibrer le texte dont la grammaticalité pourrait être mise à mal (par inadvertance) par le relecteur-Client. En effet, si la multipaternité d'un texte est nécessaire au cours de sa production inévitablement complexe, le peaufinage final ne peut revenir qu'à un seul traducteur-réviseur.

PROCESSUS D'IDENTIFICATION STYLISTIQUE D'UN TEXTE

Les contenus des poupées russes

Le processus reliant le Verbe à l'énoncé d'un individu ressemble à celui que l'on accomplit en ouvrant une série de poupées russes (celle du logos contient celle du concept, qui contient celle de l'écriture, qui contient celle du style, etc.). En réalité, l'analyse critique d'un texte procède dans le sens inverse (de l'idiolecte au style et à l'écriture jusqu'à sa conceptualisation).

Du logos au style personnel

Logos : Raison et substance de la Parole. Le logos contient tout ce qui peut être conceptualisé.

Concept : Idéation thématique et contextuelle. Le concept est exprimé par un énoncé.

Écriture : Concrétisation intelligible du message. L'écriture se situe dans le champ délimité par l'idéalisation et le style.

Style : Morphologie spécifique de la norme linguistique (première variante sur le plan esthétique).

Géostyle : Style linguistique propre à une communauté géographique de locuteurs.

Socio-style: Le socio-style est propre au langage d'une couche homogène de locuteurs définis à l'intérieur d'une communauté géo-linguistique (catégorie socio-économique, professionnelle, groupe culturel, d'âge, etc.).

Technolecte : Le technolecte est contenu comme sous-ensemble dans le socio-style (langage et terminologie d'une activité, d'une entreprise). Jargon professionnel caractérisé par des expressions lexicales à caractère scientifique ou technique.

Idiolecte : Phraséologie spécifique d'un individu à un moment donné ou dans une circonstance donnée. L'idiolecte procède du technolecte et en détermine une spécification stylistique dans l'individu.

Style personnel : Écart individuel de la norme linguistique minimale : style particulier d'un locuteur. Le style personnel constitue la forme irréductible et virtuellement inimitable du style.

Les textes ci-dessus sont tirés du livre « Traduction, adaptation et éditing multilingue » écrit par trois dirigeants d'EUROLOGOS (TCG Éditions, Bruxelles, 1994) pp. 73-163.

Cliquez sur le livre pour le télécharger gratuitement au format PDF ou sur la langue pour obtenir la présentation en anglais, en français ou en espagnol.

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